Seul. Au milieu de la foule. Le regard tourné vers ce ciel lourd qui déverse sur moi sa douloureuse complainte. Je ressens ces milliers de pensées tombées du ciel me sculpter comme on sculpte la roche. Mes émotions mises à nues me reviennent, plus violentes, plus insistantes que jamais. Mes yeux fermés se remplissent d'images vides de sens, vides de toi, et l'éphémérité de l'instant que je vis me frappe. Mes pensées se bousculent et leur faiblesse me touche, château de cartes perdu dans la tempête. Le temps de voir défiler ces vieilles images en noir et blanc, et je ne sais déjà plus où j'en suis. Des traits aparaissent à la pointe de mon crayon, pâle représentation d'une créature rodant aux confins de mon âme, et la mine donne alors vie aux vieux démons qui m'habite. La facilité déconcertante avec laquelle j'écris mon histoire, assortie d'esquisses de perfection, m'encourage à aller plus loin encore, et je ne vois plus qu'à travers des crayonnages qui suffisent à me guider sur les voies sinueuses qui m'attendent. Je trace mon chemin sur une feuille vierge de souvenirs.